Ménopause au travail

Ménopause et travail

🩺 Ménopause au travail : un handicap invisible à mieux reconnaître et accompagner

Longtemps taboue, la ménopause reste un sujet presque absent des politiques de santé au travail.
Pourtant, elle concerne directement près de 17 millions de femmes en France, dont plusieurs millions en activité professionnelle.
Ses effets — physiques, émotionnels et cognitifs — peuvent impacter la qualité de vie, la concentration, le sommeil et donc la performance au travail.

Face à ces symptômes invisibles mais réels, il est urgent de reconnaître la ménopause comme un enjeu de santé au travail et d’y associer une démarche d’inclusion et de prévention adaptée.


🔹 Comprendre la ménopause : un processus naturel aux effets variables

La ménopause marque la fin du cycle menstruel et s’installe en moyenne autour de 51 ans.
Mais sa période de transition, appelée périménopause, peut durer plusieurs années, avec des manifestations physiques et psychiques parfois intenses :

  • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
  • Troubles du sommeil et fatigue chronique
  • Troubles de la concentration et de la mémoire
  • Irritabilité, anxiété, fragilité émotionnelle
  • Douleurs articulaires ou musculaires

➡️ Ces effets varient selon les femmes, mais leur impact sur le bien-être au travail peut être significatif.

Une étude britannique (Fawcett Society, 2023) révèle que 1 femme sur 10 quitte son emploi ou réduit son temps de travail à cause des symptômes de la ménopause.


🔹 Ménopause et travail : un tabou aux conséquences silencieuses

Dans le monde professionnel, la ménopause reste un sujet tabou.
De nombreuses femmes n’osent pas en parler à leur hiérarchie ou à leurs collègues, de peur d’être jugées, moquées ou perçues comme “moins performantes”.

Ce silence entraîne :

  • un isolement des salariées concernées,
  • une sous-estimation des besoins d’aménagements,
  • et un manque de reconnaissance institutionnelle du phénomène.

➡️ En France, contrairement à certains pays (Royaume-Uni, Canada), la ménopause n’est pas encore clairement intégrée dans les politiques de santé et sécurité au travail.
Pourtant, elle s’inscrit pleinement dans la logique du maintien en emploi et du principe d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.


🔹 La ménopause, un “handicap invisible” au sens de la prévention

Le terme de handicap invisible désigne toute condition médicale ou psychique qui altère les capacités d’une personne sans signe extérieur apparent.

La ménopause en remplit souvent les critères :

  • elle génère une fatigue chronique,
  • des troubles cognitifs légers,
  • une vulnérabilité émotionnelle,
  • et parfois une altération temporaire de la capacité de travail.

Sans reconnaissance, ces difficultés peuvent conduire à des arrêts maladie répétés, voire à une désinsertion professionnelle.

👉 Reconnaître la ménopause comme un handicap invisible ne signifie pas la pathologiser, mais au contraire :
adapter l’environnement de travail pour qu’il reste compatible avec les capacités de la salariée.


🔹 Les obligations et responsabilités de l’employeur

Le Code du travail impose à tout employeur une obligation de sécurité et de protection de la santé (articles L.4121-1 et suivants).
Cela inclut les risques liés à la santé hormonale, au stress et à la fatigue chronique, quand ils impactent le travail.

Concrètement, cela suppose :

  1. D’évaluer les risques spécifiques dans le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels), notamment ceux liés à la santé des femmes.
  2. De mettre en place des actions de prévention : information, sensibilisation, aménagements possibles.
  3. De former les managers à une approche bienveillante et non discriminante.
  4. D’aménager les conditions de travail si nécessaire : température, pauses, flexibilité horaire, télétravail ponctuel, etc.

💡 À noter : une salariée en difficulté liée à la ménopause peut aussi bénéficier d’un accompagnement du médecin du travail, voire d’une RQTH temporaire (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) en cas d’impact sévère.


🔹 Les bonnes pratiques pour les entreprises

Sensibiliser et former

Mettre fin au tabou passe par la formation et l’information :

  • ateliers santé au travail,
  • campagnes internes d’inclusion,
  • formation des RH et du management à la communication bienveillante.

Aménager le poste de travail

  • accès à des zones climatisées ou ventilées,
  • pauses supplémentaires si besoin,
  • horaires plus flexibles,
  • télétravail occasionnel pour mieux gérer la fatigue.

Favoriser la parole

Créer un espace d’échange confidentiel entre salariées, RH et médecin du travail.
Certaines entreprises pionnières ont mis en place des “référentes santé des femmes” ou des groupes d’écoute.

Intégrer le sujet dans la politique QVCT

Inclure la ménopause dans la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT), au même titre que la parentalité, le stress ou les troubles musculosquelettiques.


Vers une culture d’entreprise plus inclusive

Aborder la ménopause au travail, c’est reconnaître que la santé des femmes fait partie intégrante de la performance collective.
C’est aussi valoriser l’expérience, la fidélité et la compétence des salariées expérimentées.

En intégrant la ménopause à sa politique de prévention, l’entreprise :

  • favorise la diversité des âges,
  • réduit le turn-over,
  • améliore son image employeur,
  • et répond à ses obligations d’égalité et de santé au travail.

La ménopause n’est pas une maladie.
Mais ignorer ses effets au travail revient à nier la réalité vécue par des millions de femmes.
La reconnaître comme un handicap invisible temporaire permet de passer du tabou à l’action, du silence à l’inclusion.

Chez Ma Prev en Jeu, nous accompagnons les entreprises dans leurs démarches SST et QVCT avec une approche ludopédagogique : ateliers, jeux, diagnostics participatifs.
Parce qu’aborder ces sujets autrement, c’est déjà changer la culture de prévention.