
Bonne fatigue vs mauvaise fatigue au travail : comment faire la différence ?
La fatigue fait partie intégrante de la vie professionnelle : un rythme soutenu, un projet exigeant, un imprévu à gérer… La fatigue “normale” en découle. Pourtant, lorsque elle devient persistante, envahissante ou ineffaçable malgré le repos, elle devient mauvaise fatigue : un signal que l’environnement de travail ou l’organisation montre ses limites.
Comprendre cette distinction est essentiel pour prévenir les risques psychosociaux, les arrêts maladie et les effets néfastes sur la performance et la santé des collaborateurs.
Définir les deux types de fatigue au travail
Fatigue « normale » ou constructive
- Elle survient après un effort, une charge ponctuelle ou une journée dense.
- Elle a un sens : on sait pourquoi on est fatigué.
- Elle disparaît après un temps de récupération (sommeil, week-end, pause).
- Elle peut même être valorisée : “j’ai bien travaillé”, “j’ai produit”, “j’ai accompli” — ce qui lui donne une dimension positive.
Fatigue « anormale » ou dangereuse
- Elle persiste malgré le repos, l’effort de récupération ne suffit plus.
- Elle envahit la vie privée : réveils matinaux, insomnies, “boule au ventre” avant la journée, irritabilité, perte de concentration.
- Elle se nourrit d’un contexte défavorable : surcharge chronique, manque de sens, manque de reconnaissance, mauvaise organisation, isolement…
- Elle peut conduire à des situations graves : arrêt de travail prolongé, burn-out, désinvestissement professionnel.
Les facteurs clés de distinction
- Le temps de récupération : si une nuit ou un week-end suffit → fatigue normale. Si pas suffisant → signe d’alerte.
- Le ressenti par rapport au travail : si l’effort est perçu comme utile, aligné avec les valeurs, alors la fatigue peut être “bonne”.
- Les signes physiques et psychiques associés : troubles du sommeil, anxiété, irritabilité, difficulté à se lever le matin.
- La durabilité : une fatigue ponctuelle est normale ; une fatigue récurrente et durable doit être analysée.
Pourquoi cela importe en santé-sécurité au travail
- Une mauvaise fatigue est un risque professionnel : elle altère la vigilance, la concentration, la prise de décision — élémentaire dans la prévention des accidents.
- Elle peut devenir un signifiant de mauvaise organisation du travail, de surcharge mentale, ou de risques psychosociaux (RPS).
- En tant qu’employeur ou responsable SST, vous avez une obligation de sécurité matérielle et psychique (Art. L.4121-1 et s. du Code du travail).
- Le DUERP doit inclure ce type de fatigue ou d’épuisement comme risque à analyser et à prévenir.
Que peut/doit faire l’entreprise ?
Évaluation et reconnaissance
- Recenser les indicateurs : absentéisme, turnover, plaintes de fatigue, signalements de troubles du sommeil.
- Intégrer la fatigue dans le DUERP, la qualifier, la prioriser.
- Sensibiliser les managers et les équipes aux signes avant-coureurs.
Actions organisationnelles
- Adapter les rythmes de travail, introduire des pauses régulières, encourager la déconnexion.
- Veiller à ce que la charge de travail soit réelle et faisable.
- Favoriser l’autonomie, le sens au travail, la reconnaissance.
Actions individuelles & culturelles
- Informer sur l’importance du sommeil, de l’hygiène de vie, du sport.
- Encourager le dialogue ouvert autour de la fatigue.
- Proposer des ressources : cellule écoute, médecin du travail, ergonomie.
Suivi et amélioration continue
- Mettre en place des indicateurs : % de pauses respectées, % de salariés se déclarant “vidés”, etc.
- Ajuster les actions en fonction des retours.
- Instaurer une culture où prévenir la fatigue est aussi naturel que prévenir un risque physique.
Le rôle de la formation et de Ma Prev en Jeu
En tant que formatrice/directrice, vous pouvez :
- Intégrer un module “fatigue et récupération” dans vos formations SST ou QVT.
- Utiliser des jeux de rôle, des cas pratiques sur la distinction “bonne/mauvaise fatigue”.
- Former les managers pour repérer les signaux précoces.
- Accompagner les entreprises dans la mise en place d’un plan de prévention de la fatigue.
La fatigue n’est pas seulement une question de repos : c’est un indicateur de santé organisationnelle. Savoir différencier ce qui est “normal” et ce qui est “signal” permet d’agir en amont.
Chez Ma Prev en Jeu, nous faisons de la prévention un jeu sérieux, et de l’analyse de la fatigue un levier d’amélioration du bien-être et de la performance.

































